1.618 sustainable luxury fair au palais de tokyo



Pour la deuxième année consécutive, le Palais de Tokyo accueille le salon d’un « autre luxe » : impliqué dans des démarches responsable, équitable et/ou environnementale, c’est un luxe alternatif car plus éthique qui est mis en avant. À la fois salon commercial et exposition d’art contemporain, « 1.618 » (Phi ou le nombre d’or qui définit la proportion parfaite) est un événement soutenu par le Ministère de la Culture et le WWF.


1.618 sustainable luxury fair au palais de tokyo



La première partie du salon est réservée à différents artistes proposant des œuvres engagées, dans le fond ou la forme. Petit tour d’horizon des œuvres les plus intéressantes : avec Wild, Aurélie Slonina réunit deux formes d’expression présentes dans l’espace public, le graffiti et l’ornementation florale suspendue aux fenêtres. A priori antagonistes, elles témoignent pourtant d’un désir commun d’individualiser une parcelle de territoire et de réintroduire du vivant dans un espace policé et normalisé. Vincent Ganivet avec L’Igloo en parpaings réinterprète une des formes les plus emblématiques de l’architecture avec le matériau de base du bâtiment contemporain pour finalement créer une œuvre hors du temps, assez dérangeante et questionnant sur le réchauffement de la planète. Georges Pascal Ricordeau nous propose quant à lui un Gasmask en couverture de survie tressée (En Mode Fashion va devoir passer à l’éthique !) et une tête de mort en sacs plastiques Champion tressés…


Autant de créations pertinentes et surprenantes… mais où est le luxe dans tout ça ? Parce que c’est bien le propos de ce salon, non ? Ah oui, il faut continuer, le luxe est à l’étage, dans la partie commerciale.

1.618 sustainable luxury fair au palais de tokyo



Plusieurs acteurs improbables et dont la légitimité n’est pas toujours évidente : Lotus présente différents modèles de voitures à faible émission de CO2, on apprend que Fouquet’s Barrière est le premier palace parisien à se positionner sur le développement durable (via ses certifications ISO, la formation du personnel…), que le site de production ST Dupont en Savoie est certifié et que la marque privilégie le transport maritime.

1.618 sustainable luxury fair au palais de tokyo



En parallèle, quelques acteurs émergents avec des concepts innovants : Andrea ou l’air naturellement purifié grâce à la filtration végétale active, Ovetto ou la poubelle design pour favoriser le tri des déchets, Absolution ou les cosmétiques bio unisexes sur-mesure, Le Whif, ou comment inhaler du chocolat biologique biodégradable avec moins d’une calorie (!). Une pépite, l’Electree : un chargeur avec mini panneaux solaires mobiles. Le hic : il faut compter 5000 euros… mais le vendeur m’a précisé que l’objet est numéroté (ouf, on est rassuré parce qu’on trouvait que ça faisait un peu cher pour recharger son portable !).


En résumé un salon a priori aux antipodes du greenwashing mais qui laisse toutefois perplexe. Le cycle de conférences (en moyenne 2 par jour sur inscription) permet de donner davantage de contenu et de sens à l’évènement mais la cohabitation des démarches commerciale et artistique n’est franchement pas évidente. Dans tous les cas, Sustainable Luxury Fair s’inscrit parfaitement dans son temps… et la tendance.


Marjorie


http://www.1618-paris.com

A propos de l'auteur

Diplômée du CELSA, planneur stratégique pendant 6 ans au sein d'une agence de design puis en agence de communication pendant 2 ans. Actuellement à Londres.

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