Dans la famille « Publicité », je demande la grand-mère. Euh… ou le père ? Bon allez, peu importe, donnez-moi qui vous voulez, c’est la même chose. Nul besoin d’être un esprit averti pour repérer une vraie convergence dans les discours publicitaires de nombreuses marques et enseignes depuis plusieurs mois. Le portrait, encore appelé « close-up » dans le milieu, s’est manifestement imposé comme LA réponse absolue apportée par les créatifs.


Initié par Mc Donald’s avec sa série de portraits-morphing (et sa signature « venez comme êtes » qui sonne comme une exhortation universelle au naturel et à la simplicité), le principe photographique du close-up a ensuite été largement repris par d’autres acteurs. C’est ainsi que Petit Bateau, Carrefour ou Renault, pour ne citer qu’eux, ont rapidement emboîté le pas à McDo en proposant des campagnes aux parti pris créatifs très proches.


Faut-il y voir une résultante de la crise et une volonté commune des marques de ramener de la vérité, de l’essentialité et ainsi remettre l’humain au cœur de leur communication ? Pour que tous ces visages anonymes aient ce même regard direct, cette même sérénité épanouie très « positive attitude », il faut le croire.


Pas de décors, pas de détours inutiles, on va droit au but en temps de crise. Une économie de moyens pour avoir la douce illusion de faire des économies, justement ? Voilà peut être ce que proposent réellement ces marques.


A moins qu’il ne s’agisse finalement d’une tendance artistique internationale plus transversale ?

Martin Schoeller



En atteste, par exemple, le travail photographique de l’allemand Martin Schoeller et ses séries de portraits de célébrités. De Zinedine Zidane à Barack Obama en passant par Marc Jacobs, nombreuses sont les personnalités à avoir été shootées en close-up ultra serré pour un résultat flirtant avec l’impudeur tellement il est criant de vérité.


Dans la même veine pour les amateurs, c’est un regard sensible sur la fragilité féminine que Martin Schoeller présente actuellement à « l’A. galerie », avec une série dédiée aux reines du body-building.


Épiphénomène artistique ou antidote à la crise, le close-up prolonge tout simplement la tradition séculaire du portrait et va manifestement avoir encore de beaux jours devant lui.


Martin Schoeller à l’A. galerie
12, rue Léonce-Reynaud, Paris 16e
Entrée libre
Jusqu’au 31 Octobre


Marjorie

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A propos de l'auteur

Diplômée du CELSA, planneur stratégique pendant 6 ans au sein d'une agence de design puis en agence de communication pendant 2 ans. Actuellement à Londres.

4 Responses

  1. nicolas

    Je retiens le nom de cette galerie, ton analyse est fine et exhaustive.
    La simplicité à la rescousse de la pub, je dirais peu importe la raison, cela donne des pubs sans fioriture, souples, légères, mais le problème est l’uniformisation de la technique du close-up, ne risquent-t-ils (les publicitaires) pas de lasser le public et par extension le client ?

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  2. the_photographer

    Galerie agréable, belle expo, on feuillette leurs deux, trois ouvrages à disposition, du coup on a envie de voir tout le porte folio de Schoeller en grand format… ça fait du bien de voir des photos sans retouche excessive. Effectivement le close-up est à la mode, mais bon il faut bien des courants.

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  3. vero

    Comme il est toujours agréable de pouvoir confronter les points de vue, et de multiplier les sources je donne une belle adresse pour compléter cet article : lareferenceadvergaming.wordpress.com

    Il s’agit d’un blog avec un contenu riche sur la nouvelle tendance qu’est l’advergaming. Vraiment une bonne pioche !

    Bonne lecture 😉

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