Portrait Tiken Jah Fakoly by EnModeFashion.com

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A l’occasion de la sortie du nouvel album de Tiken Jah Fakoly : African Revolution, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer l’artiste à son hôtel et d’échanger quelques instants avec lui à propos de cette actualité.


Tiken Jah Fakoly est né le 23 juin 1968 à Odienné en Côte d’Ivoire. Tiken Jah Fakoly découvre assez tôt la musique reggae et monte un premier groupe alors qu’il a 19 ans. En 1998, il se produit pour la première fois en Europe, à Paris. Il obtient une Victoire de la Musique en 2003 pour son album Françafrique.


African Revolution est son dixième album.


Découvrez l’interview de Tiken Jah Fakoly dans la suite de l’article.



Bonjour Tiken, est-ce que tu peux nous présenter ton nouvel album : African Revolution ?


Je définirais le nouvel album comme le « plus africain » par rapport aux instruments traditionnels que l’on a utilisés. Même au niveau du message puisque c’est un album qui s’adresse beaucoup à la jeunesse africaine. Leur dire simplement que personne ne viendra changer le continent à leur place. Et si on veut que ça change, il faut que l’on se bouge, que l’on se réveille, que l’on réclame nos droits car personne ne viendra réclamer nos droits à notre place.

C’est aussi un album qui est différent des précédents car on a fait une ouverture au niveau musicale. Même ceux qui n’écoute pas du reggae peuvent le trouver intéressant.

Le combat que je mène est un combat important qui ne peut pas être mené uniquement avec le public reggae.


Tu as également travaillé cet album de façon différente, en réalisant notamment les maquettes sur la guitare de Thomas Naïm et non sur un « riddim » figé à la manière des jamaïcains.


Pour arriver au résultat que l’on a aujourd’hui, il fallait changer de méthode de travail. Cette fois-ci, j’ai fais toute la pré-maquette en acoustique, ce qui a donné une direction totalement différente de ce que l’on obtient d’habitude.


Comment se sont déroulés les autres collaborations ? Avec ASA par exemple ?


Je me trouvais à Bamako et je regardais un concert que j’avais fait à La Rochelle avec ASA. En l’entendant à nouveau je me suis que ça collait tellement bien que l’on devait faire appel à elle pour ce nouvel album. J’ai appelé mon staff à Paris pour leur demander d’inviter ASA et tout le monde a trouvé l’idée super. C’est la seule collaboration dans ce disque par rapport aux chanteurs et on en est très contents.


Tu as également enregistré à Tuff Gong à Kingston, dans le studio de Bob Marley. Que penses-tu de l’héritage de Bob Marley, est-ce que tu n’en as pas marre que l’on évoque Bob Marley quasi-systématiqement lorsque l’on parle de reggae ?


Bob Marley est le prophète du reggae. Je pense qu’aujourd’hui toutes les religions sont attachées à leur prophète mais si cela fait des siècles qu’il a vécu. Bob reste celui qui a fait la promotion de cette musique à travers le monde, donc il y a toujours cette reconnaissance qu’on lui doit. Le fait d’aller enregistrer dans le studio de Bob Marley, c’est également en quelque sorte une reconnaissance.

C’était la cinquième fois que je me rendais en Jamaïque, j’avais envie d’y repartir. Tout ce que j’ai fait dans cet album, j’aurais pu le faire à Paris ou même à Bamako mais j’avais réellement envie de revenir en Jamaïque car lorsque l’on parle d »African Revolution », on parle également de tous ces africains qui se trouvent en Jamaïque.

J’avais envie que le nom de la Jamaïque soit cité dans la promotion de cet album-là.

J’en ai profité également pour faire des choses que je n’avais pas encore fait comme aller sur la tombe de Bob Marley.

J’ai toujours voulu créer un pont entre l’Afrique et la Jamaïque. Ce pont avait déjà été prédit par Bob Marley lorsqu’il disait que le reggae retournerait un jour à la source.

J’avais vraiment envie d’aller en Jamaïque, j’ai d’ailleurs dédié un titre à Bob Marley sur cet album.


Tu fais partie des artistes les plus engagés pour la cause de l’Afrique et des Africains. Que penses-tu de la situation politique en France et son contexte social ? Est-ce que c’est quelque chose qui te touche ? Qui t’interpelle ?


C’est quelque chose qui m’interpelle qui me laisse penser que mon message est juste dans le sens où les Africains ne peuvent compter sur personne d’autre qu’eux-mêmes. Les Africains ont toujours eu une situation très difficile. Le fait qu’ils aient commencé à rapatrier les Roms, cela a provoqué un tollé en Europe. Tous les pays européens se sont indignés de cela, y compris les églises.

Tous les jours, on nous renvoient.

Cela prouve qu’il y a une injustice qui existe et qu’il faut dénoncer.


Sortie album : Tiken Jah Fakoly – African Revolution : le 27 septembre


Plus d’informations : www.tikenjah.net

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A propos de l'auteur

30 ans, Eurasien, Paris. Directeur associé de Studio EMF. Ancien diplômé de l'ESC Toulouse. Passionné de mode et de voyages. Amateur de boxe française et d'arts martiaux chinois.

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