Pour ne citer que trois films, « Un Prophète », « Tu n’aimeras point » et « Non ma fille, tu n‘iras pas danser », la rentrée cinématographique est manifestement aussi riche que sombre. Trois œuvres radicalement différentes mais étrangement, un même sentiment oppressant, lourd et poisseux à la sortie de chacun.



La puissance de ces trois opus réside notamment dans des mises en scène de la violence, tour à tour physique, morale, symbolique, etc. Justes, vraies, acérées, ces violences sont toutes liées à une privation de liberté.


Par son hyper réalisme à la frontière du documentaire, l’univers carcéral dépeint par Jacques Audiard plonge le spectateur dans un véritable état de choc. L’enfermement du jeune Malik permet de vivre la violence physique quotidienne et la pression psychologique omniprésente et insoutenable d’un prisonnier.

Dans un tout autre genre, Aaron, le protagoniste du film de Haim Tabakman, incarne l’impossibilité de vivre sa différence dans un contexte religieux fort. Membre respecté de la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem, marié, père de quatre enfants, rien ne laissait présager qu’il tomberait amoureux de Ezri un jeune homme au charme redoutable. Aaron se débat alors péniblement entre interdits religieux et culturels, morale, regard des autres… pour renoncer.

Enfin,  Léna, la mère quarantenaire magnifiquement interprétée par Chiara Mastroianni, se retrouve quant à elle prisonnière de son passé (une rupture mal digérée), de sa famille (qui choisit son bonheur à sa place) et finalement d’elle-même, à fleur de peau, dépressive, excessive. Christophe Honoré signe là l’un de ses meilleurs films pour la sensibilité et la justesse incroyables de ses personnages, empêtrés dans leurs sentiments contradictoires.


Trois histoires, trois registres émotionnels forts, trois représentations de la difficulté  de rester libre.


Marjorie – 15/09/2009

A propos de l'auteur

Diplômée du CELSA, planneur stratégique pendant 6 ans au sein d'une agence de design puis en agence de communication pendant 2 ans. Actuellement à Londres.

Une réponse

  1. Arrold

    Je viens de voir Un Prophète et je suis pas fan. Bonne réalisation il n’y a pas à dire. Audiard on a rien à lui apprendre. Je pense qu’il aurait pu éviter un ou deux choses, que je ne vais pas dire quoi puisque certains ne l’ont peut être pas encore vu. Note : 2,5/5 bon d’accord, 3/5.
    Arrold.

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